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A la question : « préférez-vous, au travail, avoir de bonnes relations, ou de bonnes conditions ? », l’idéal est évidemment de pouvoir répondre « les deux, mon Capitaine ! ». D’ailleurs, les sondages les plus récents montrent que pour nos concitoyens, de bonnes relations au travail sont un élément capital du bonheur professionnel. Cela étant, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, de bonnes conditions à l’origine sont souvent préférables. Pourquoi ?

En Communication Empathique, on s’intéresse aux besoins professionnels, en partant du constat qu’un besoin professionnel satisfait est une pierre en moins sur le chemin vers l’autre, et un pas de plus vers des relations pacifiées. Aussi étrange que ça puisse paraître au premier abord, il n’existe pas de personne ni de situation « difficile ». La difficulté est en nous, de nous relier à cette personne ou à cette situation. Et plus nos besoins demandent à être satisfaits, plus nous avons de mal à nous relier. Alors qu’on pourrait croire que deux personnes ayant une forte entente sont mieux à même de surmonter les défis du milieu professionnel, la réalité montre que ceci n’est vrai que dans la mesure où il règne une certaine abondance de ressources, à même de permettre à chacun de combler ses besoins professionnels. Imaginez deux collaborateurs ayant besoin de compréhension par rapport à leurs problématiques respectives sur un projet précis : ils se parleront avec l’objectif de se faire comprendre de l’autre. Du coup c’est un peu comme deux pôles magnétiques de même valeur : Paul parlera à Jacques pour lui faire comprendre son point de vue, mais Jacques n’écoutera pas car il fera la même chose, au lieu d’écouter Paul. On risque d’assister à une escalade de « oui mais moi… » / « d’accord mais de mon côté… » / « puisque je te dis que… » / « tu ne comprends rien ! » etc, façon ping-pong, qui peut parfois finir dans les tours.

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Au travail (comme ailleurs), nous sommes constamment en train de répondre à (au moins) un de nos besoins, soit parce qu’il est satisfait et que l’on adopte une stratégie pour qu’il continue à l’être, soit parce qu’il ne l’est pas et qu’on cherche à ce qu’il le soit. Chaque action d’un collaborateur a pour finalité la satisfaction d’un besoin professionnel, qui n’est pas forcément en accord avec celui de l’équipe ou des autres collaborateurs. Et c’est là que la communication commence à être source de mésentente. Comment fait-on pour identifier ces besoins ? C’est toute la beauté de l’empathie : il suffit de demander. Ou presque. En fait, en adoptant une posture d’écoute active, empathique, en prenant soin d’aller « sur la colline de l’autre » (je préfère cette image à celle de « dans les chaussures de l’autre« , qui induit parfois qu’on risque davantage de se prendre pour l’autre quand il s’agit surtout de ne pas le faire), de manière à pouvoir embrasser son point de vue sans pour autant le faire sien, on lui fait comprendre qu’il est compris, ou en passe de l’être. Par l’écoute, en reformulant ce qui nous est dit pour s’assurer de suivre le même chemin, puis en demandant quel besoin professionnel se « cache » derrière, on donne à l’autre la possibilité de nous faire connaître son propre besoin. On peut deviner, il ne s’agit pas de tomber juste, mais de permettre à l’autre d’explorer cette zone des besoins, et de sortir celui qui lui semble le plus juste. Une fois identifié, on s’aperçoit souvent qu’il suffit de peu de chose pour que le besoin soit adressé. Il devient alors possible de réaligner les besoins de l’équipe, du projet ou de la société, avec ceux de ses membres (il existe différents outils pour ce faire).

En somme, si vous mettez deux personnes qui s’entendent très bien dans un environnement pauvre en ressources, dans lequel aucune d’elle ne pourra satisfaire ses besoins professionnels (ou si oui, uniquement au détriment de l’autre), il ne faudra pas longtemps pour que cette bonne entente de tourne au pugilat. A l’inverse, mettez dans un milieu riche en ressources deux personnes apparemment aux antipodes, et elles fonctionneront très bien. Pour la seule raison qu’elles auront toutes deux moyens d’adresser leurs besoins à l’envie. C’est l’une des raisons pour laquelle une culture d’abondance est de loin préférable à une culture de la rareté.

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