[dropcap style="font-size:60px; color: navy;"]J[/dropcap]'entends de plus en plus souvent depuis quelques mois, de la part de collègues coaches, à peu près ceci : « je sais qu'on n'est pas censé, mais parfois, je donne des conseils à mes clients; Ils sont coincés et je vois ce qui les bloque... ça va, c'est pas grave ». (suite…)

[dropcap style="font-size:60px; color: crimson;"]N[/dropcap]ous avons vu la dernière fois le concept le plus populaire de GTD relatif aux actions : les contextes. La méthode nous invite à affecter encore trois autres critères (disons, au moins deux autres) pour pouvoir effectuer notre choix quand vient le moment de décider quoi faire. Le second critère, dans l'ordre d'importance, est le temps nécessaire. (suite…)

La méthode GTD, qui peine encore à pénétrer le marché français mais s'est répandue comme une traînée de poudre aux USA, se présente tout d'abord comme une méthode d'organisation personnelle et professionnelle assez classique. Pourtant, elle propose quelques concepts qui vont bien au delà, mais sont souvent peu expliqués, ou appliqués. Nous allons nous intéresser dans les semaines à venir à ce qu'il faut définir dès qu'une Action suivante est identifiée.
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[dropcap style="font-size:60px; color: crimson;"]J[/dropcap]'ai lu récemment sur un forum anglais que la méthode GTD® présentait des faiblesses (certes), car elle négligeait complètement la partie "action". En effet, David Allen ne détaille pas vraiment cette partie. Il y a une raison à ça.

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[dropcap style="font-size:60px; color: navy;"]C[/dropcap]e n'est un secret pour personne que les tâches que l'on fait sans réfléchir sont celles qui ont le plus de chances d'être effectuées régulièrement. Dans cette optique, on tente souvent de mettre en place des habitudes, des routines. La méthode GTD®, par exemple, nécessite la mise en place de nouvelles habitudes, et une certaine dose d'auto-discipline. Pour autant, tout le monde peut le faire, de la même manière que tout le monde, ou presque, (devrait pouvoir) se brosse(r) les dents tous les jours.

Il ressort fréquemment des séances de formation ou de coaching une inquiétude par rapport à ceci d'autant que, souvent, les gens qui ont tenté de mettre en place la méthode par eux-mêmes sont "tombés du wagon", comme on dit chez David Allen, et sont un peu échaudés. Cette inquiétude est en relation directe avec quelque chose de plus intime que du simple "travail". Ce qui est normal selon moi, car, en fin de compte, il s'agit avant tout de gérer quelque chose de très humain : nous-mêmes. Certaines personnes n'ont aucun problème avec les routines et les procédures (j'avoue en être), d'autres préfèrent conserver un certain degré d'incertitude (ou de "liberté", comme ils disent -ceci du point de vue du routinier que je suis), et il existe encore une autre catégorie de personnes qui préfèrent pouvoir mettre leur calendrier sens dessus-dessous au besoin ("souplesse", paraît-il !).

A mon sens, toutes ces approches sont valables. Par contre, vous devez savoir où vous vous situez. Vous forcer à mettre en place des routines si vous êtes allergique à toute forme de répétition est une fausse bonne idée : cela ne fera que vous stresser et vous culpabiliser, vous n'arriverez pas à faire ce que vous aviez prévu, vous aurez le sentiment d'avoir rompu l'accord pris avec vous-mêmes... alors que ce n'est tout simplement pas, pour commencer, le genre d'accord que vous devriez prendre. D'un autre côté, je pense (du moins, j'espère) que tout le monde se douche au quotidien si l'occasion lui en est donnée. Comment expliquer, dès lors, que les gens allergiques aux routines y parviennent ? Cela dépend simplement de votre motivation et de votre réel désir d'intégrer la routine dans votre vie. Je ne suis pas vraiment behavioriste, je pense que ce que nous faisons vient davantage de l'envie que l'on a que du comportement, et qu'il suffit de changer la première pour modifier le second (dans l'autre sens, pour ce qui est des routines, ça marche moins bien). Concernant la fameuse Révision Hebdomadaire (Weekly Review), la plupart des gens semble penser qu'il faut la faire, quoi qu'il advienne, à la même heure du même jour toutes les semaines (le vendredi après-midi arrive en pole position, suivi du dimanche). Et pourtant, il n'y a aucune raison. A ma connaissance, David Allen n'a jamais professé cela, bien qu'il nous invite à programmer cette révision. Alors, comment faire, au final ?

Honnêtement, ça dépend de chacun. Personnellement je suis routinier. Mais lorsque je rencontre des clients qui ne le sont pas, je les invite à programmer leur révision chaque semaine au moment qui leur semble le plus approprié pour cette semaine-là. Pourquoi toujours choisir le vendredi après-midi, si vous savez d'ores et déjà que vous ne pourrez pas vous y tenir pour quelque raison que ce soit ? Regardez votre semaine, programmez votre révision (oui, à un moment, quand même, il faut la programmer). Lorsque la semaine suivante arrive, programmez-la de nouveau pour le moment où vous savez que vous pourrez la faire. Ne vous obligez pas à avoir une routine fixe. Testez, notez vos impressions, adaptez la méthode à votre rythme et à vos journées, et pas l'inverse. Et il se pourrait bien, au fil du temps, que vous trouviez finalement un moment dans la semaine où vous parvenez mieux à faire cette révision. Un moment où, la plupart du temps, vous avez l'énergie et le temps nécessaire disponibles... Auriez-vous réussi, finalement, à en faire une routine ?

J'ai eu, il y a quelques années, une petite révélation que je me permets de partager ici. Alors que je méditais à propos du temps, j'en suis venu à réaliser que, non seulement le temps en soi n'existe pas (mais c'est un autre sujet...), mais qu'il est inexact de dire qu'on "a" du temps, ou qu'on peut en opérer la "gestion". On n'"a" pas de temps, on ne "gère" pas le temps. Et je pense qu'il est vraiment important de faire attention aux mots qu'on utilise, car ils peuvent nous donner la fausse impression, en l'occurrence, qu'on pourrait faire 9 heures avec 5. La seule chose que l'on peut faire, c'est CHOISIR quoi faire durant un temps prédéfini, identifié. C'était ma première étape.

Montre à gousset / Pocket watchTrès honnêtement, rien de nouveau sous le soleil. David Allen dit d'ailleurs exactement la même chose dans son livre, dont vous trouverez la citation reprise sur notre page dédiée à la formation GTD®). Ainsi donc, j'avais compris, intellectuellement, qu'il y avait un certain niveau de responsabilité personnelle dans la manière d'utiliser son temps. Pour autant, je prenais toujours aussi peu cette responsabilité. Jusqu'à ce qu'un jour, quelque temps après, alors que j'étais en mode auto-coaching, je finisse par écrire mon blocage en une phrase : "j'ai du mal à prendre la responsabilité d'utiliser mon temps". Et au moment de biffer les mots que je souhaitais éliminer de l'équation (oui, c'est une technique de coaching), ma propre solution m'est apparue : "prendre mon temps", dans un sens littéral.

Depuis ce moment, j'utilise toujours "prendre du temps pour", au lieu de "avoir du temps pour", car cela indique à mon cerveau, à un niveau plus ou moins conscient, qu'il existe une ressource nommée "temps" à ma disposition, qui peut se diviser en certains montants qu'il ne tient qu'à moi de "prendre" pour ceci ou cela. En le "prenant", je m'oblige (en l'acceptant bien volontiers) à réellement définir quoi faire avec. Et puis, ça conserve le côté festina lente sympathique.

Mais le bénéfice principal de ce petit changement de vocabulaire, c'est qu'il me rend le pouvoir d'endosser mes responsabilités pour tout. Essayez un instant de reformuler "Désolé chéri(e), je n'ai pas eu le temps de faire ça" en "désolé chéri(e), je n'ai pas pris le temps de faire ça", et vous sentirez immédiatement la nuance, peut-être pas si agréable, mais beaucoup plus vraie, qui vous engage à définir très précisément vos choix à l'avenir... surtout avec votre moitié !

Une des tendances des pratiques dites "molles" est leur volonté de trouver appui sur les sciences plus "dures", pour en tirer une sorte de validation imparable. Par exemple, si vous œuvrez dans le domaine de la prise de parole en public, de la présentation, ou de la relation média, vous avez sans doute déjà entendu dire que la communication interpersonnelle était à 7% verbale, 38% vocale, et 55%  corporelle. C'est-à-dire à 93% non-verbale (si l'on veut bien ranger le para- ou l'infra-verbal dans le non-verbal). Pour toutes celles et ceux, de moins en moins nombreux hélas, qui n'ont pas abdiqué leur sens critique, cela semble exagéré, et surtout étonnamment précis. (suite…)

Quand on s'intéresse aux processus d'acquisition et d'apprentissage, on tombe rapidement sur le schéma bien pratique des compétences et des consciences. Pour résumer, au début, vous ne savez pas que vous ne savez pas faire (incompétence inconsciente), puis vous vous apercevez que, ma foi, vous ne savez pas faire (incompétence consciente) ; à force de travail, vous finissez par savoir que vous savez faire (compétence consciente) jusqu'au point où, finalement, vous n'avez plus trop idée de ce que vous faites quand vous le faites (compétence inconsciente). A ce dernier stade, vous avez dépassé la maîtrise, vous êtes devenu(e) expert(e)s. Se pose alors la question de savoir combien de temps cela prend, et s'il est pertinent d'établir une moyenne.

La mesure de l'expertise

Dans le langage courant, on parle d'expert pour indiquer d'une personne qu'elle est spécialiste d'un domaine en particulier, sur lequel elle est par conséquent à même d'avoir un avis. La définition exacte est (Larousse) : "1. Personne dont la profession consiste à évaluer la valeur de quelque chose, [...] ou à attester l'authenticité des objets d'art 2. Personne apte à juger de quelque chose, connaisseur". Un expert possède donc suffisamment de maîtrise d'une chose, ou d'une activité, pour avoir la capacité de porter dessus un avis fiable. Mais comment mesure-t-on l'expertise ? S'il est délicat de mesurer l'expertise d'un savoir, celle-ci se constate par contre dans l'excellence d'une pratique.

IN EXCELSIS porte dans son nom même son attachement à l'excellence, qui n'est pas vue comme une obligation pénible, mais plutôt comme l'attitude consistant à faire toujours de son mieux en s'adaptant aux circonstances. L'excellence est une notion bien présente dans les milieux athlétiques et artistiques, c'est donc sans surprise qu'une mesure de l'expertise a été conduite à l'Académie de Musique de Berlin. Le psychologue K. Anders Ericcson a étudié trois groupes de violonistes, depuis l'âge de 5 ans jusqu'à leur 21 ans.

La conclusion de l'étude, dont vous trouverez le détail dans les sources ci-dessous, est qu'on ne naît pas expert, mais qu'on le devient. Les performances extraordinaires sont le produit d'années de pratique délibérée et de coaching, pas d'un talent ni d'une compétence innée.

Devenir un expert

La plupart des études sur l'expertise, regroupant plus de 100 scientifiques œuvrant dans des domaines aussi variés que les échecs, la musique, la programmation informatique, la chirurgie, l'écriture, la danse, la lutte anti-incendie etc., ont été compilées dans "The Cambridge Handbook of Expertise" (plus de 900 pages) et "Expert Performance", ouvrages publiés par l'Université de Cambridge (références ci-dessous). Pour définir ce qu'est la vraie expertise, K. Anders Ericsson et ses collègues ont défini trois points : tout d'abord, elle doit mener à une performance constamment supérieure à celles de pairs experts ; ensuite, elle produit des résultats concrets ; enfin, elle doit être reproductible et mesurable en laboratoire car, comme le disait Lord Kelvin, "si on ne peut pas le mesurer, on ne peut pas l'améliorer".

Notez que, dans un article de la Harvard Business Review, il est mentionné que le développement de l'expertise requiert, à un moment donné, de travailler avec un coach capable de donner des retours constructifs et sans concession. Les experts sont "des étudiants extrêmement motivés qui recherchent ce genre de retour [...] ils choisissent délibérément des coaches qui ne s'encombrent pas de sentiments pour les mettre au défi et les conduire vers des niveaux de performance plus élevés". Mais ce qu'il ressort surtout de l'étude, c'est donc que l'expertise s'acquière par une pratique délibérée, c'est-à-dire une pratique dont le but est l'amélioration de la performance, par opposition à une pratique qui n'est que répétition de l'acquis.

10000 heuresLa pratique délibérée induit deux types d'apprentissage : l'amélioration des compétences déjà acquises, et le développement au delà de ces compétences. L'immense concentration nécessaire pour entreprendre ces tâches jumelles limite le temps que l'on peut y consacrer. De fait, inutile de passer ses journées au labeur. Les résultats montrent qu'il est préférable de consacrer deux heures par jour à s'améliorer plutôt que six. Le violoniste Nathan Milstein en a produit d'ailleurs un témoignage empirique : "un jour, j'ai commencé à me sentir mal parce que les autres travaillaient toute la journée. J'ai demandé à [mon mentor] le Professeur Auer combien d'heures je devais pratiquer, et il m'a répondu "ça n'a vraiment aucune importance, la durée. Si tu pratiques avec tes doigts, rien ne sera jamais suffisant. Si tu pratiques avec ta tête, deux heures seront tout ce qu'il te faut".

En conclusion

Le temps est un élément essentiel dans la progression vers l'expertise. Les recherches de K. Anders Ericcson sont même parvenues à donner un montant chiffré. Son équipe et lui-même ont montré que les artistes les plus "talentueux" avaient tous besoin d'un minimum de 10 000 heures (environ 10 ans) d'entraînement intensif avant de pouvoir gagner des compétitions internationales, parfois davantage (pour certains musiciens exceptionnels, il leur fallu 15 à 25 ans).

Ainsi, si vous souhaitez devenir expert dans un champ particulier, il vous faudra pratiquer de manière délibérée pendant une dizaine d'années... de quoi réduire singulièrement le nombre "d'experts" qui se promènent quotidiennement dans les médias. Sans forcément aller si loin, cela peut suffire à nous inspirer de bonnes pratiques quotidiennes.

Par exemple, en considérant un domaine dans lequel vous souhaitez progresser, à quelle pratique délibérée pourriez-vous consacrer 30 mn de votre temps quotidien ?

[learn_more caption="Sources"]

- K. Anders Ericsson, Michael J. Prietula, and Edward T. Cokely, The Making of an Expert, Harvard Business Review, 2007

- K. Anders Ericsson, Roy W. Roring and Kiruthiga Nandagopal, Giftedness and evidence for reproducibly superior performance: an account based on the expert performance framework, Florida State University, 2007

[/learn_more]

Quiconque a déjà tenté de modifier ou de créer une habitude suite à un travail de développement personnel a sûrement déjà entendu ceci : "il suffit de 21 jours pour créer une habitude". Cette phrase semble même devenue une des tartes à la crème du développement personnel. Elle présente l'avantage de contenir à elle seule la condition nécessaire et suffisante au changement. Elle est simple et factuelle, et elle interpelle bien en société. (suite…)

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