Prendre son temps, littéralement

22 juillet 2013
Romain Bisseret

J'ai eu, il y a quelques années, une petite révélation que je me permets de partager ici. Alors que je méditais à propos du temps, j'en suis venu à réaliser que, non seulement le temps en soi n'existe pas (mais c'est un autre sujet...), mais qu'il est inexact de dire qu'on "a" du temps, ou qu'on peut en opérer la "gestion". On n'"a" pas de temps, on ne "gère" pas le temps. Et je pense qu'il est vraiment important de faire attention aux mots qu'on utilise, car ils peuvent nous donner la fausse impression, en l'occurrence, qu'on pourrait faire 9 heures avec 5. La seule chose que l'on peut faire, c'est CHOISIR quoi faire durant un temps prédéfini, identifié. C'était ma première étape.

Montre à gousset / Pocket watchTrès honnêtement, rien de nouveau sous le soleil. David Allen dit d'ailleurs exactement la même chose dans son livre, dont vous trouverez la citation reprise sur notre page dédiée à la formation GTD®). Ainsi donc, j'avais compris, intellectuellement, qu'il y avait un certain niveau de responsabilité personnelle dans la manière d'utiliser son temps. Pour autant, je prenais toujours aussi peu cette responsabilité. Jusqu'à ce qu'un jour, quelque temps après, alors que j'étais en mode auto-coaching, je finisse par écrire mon blocage en une phrase : "j'ai du mal à prendre la responsabilité d'utiliser mon temps". Et au moment de biffer les mots que je souhaitais éliminer de l'équation (oui, c'est une technique de coaching), ma propre solution m'est apparue : "prendre mon temps", dans un sens littéral.

Depuis ce moment, j'utilise toujours "prendre du temps pour", au lieu de "avoir du temps pour", car cela indique à mon cerveau, à un niveau plus ou moins conscient, qu'il existe une ressource nommée "temps" à ma disposition, qui peut se diviser en certains montants qu'il ne tient qu'à moi de "prendre" pour ceci ou cela. En le "prenant", je m'oblige (en l'acceptant bien volontiers) à réellement définir quoi faire avec. Et puis, ça conserve le côté festina lente sympathique.

Mais le bénéfice principal de ce petit changement de vocabulaire, c'est qu'il me rend le pouvoir d'endosser mes responsabilités pour tout. Essayez un instant de reformuler "Désolé chéri(e), je n'ai pas eu le temps de faire ça" en "désolé chéri(e), je n'ai pas pris le temps de faire ça", et vous sentirez immédiatement la nuance, peut-être pas si agréable, mais beaucoup plus vraie, qui vous engage à définir très précisément vos choix à l'avenir... surtout avec votre moitié !

2 comments on “Prendre son temps, littéralement”

  1. Comme souligne régulièrement un sage de mon réseau, le temps n'est pas quelque chose que l'on a, mais que l'on prend.

    Si le temps est ce que nous avons de plus limité durant notre passage sur la terre, il n'est pas un facteur pour le développement de réalisations qui durent dans le temps (pyramides, mur de Chine, chemin de fer, musique, poésie, littérature) et lorsqu'on met les gens (G) avant les systèmes (S).

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